L’élection d’un gouvernement libéral à Québec en 1985 relance les efforts pour amener le Québec à signer la Constitution canadienne. S’adressant au gouvernement fédéral dirigé par Brian Mulroney, le premier ministre québécois Robert Bourassa pose cinq conditions minimales à sa participation à une réforme constitutionnelle. Parmi elles, figurent notamment la reconnaissance du Québec comme société distincte et un droit de veto sur toute modification constitutionnelle susceptible d’affecter les droits du Québec.
De difficiles négociations reprennent entre les premiers ministres du Canada et des provinces. Une entente est conclue en juin 1987 : c’est l’accord du lac Meech. Ce projet changeant la formule de modification de la Constitution canadienne nécessite le consentement unanime des Parlements, fédéral et provinciaux, dans un délai de trois ans. Un groupe de libéraux provinciaux et fédéraux, réunis autour de Jean Chrétien et de l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, s’opposent farouchement à l’entente, même si l’opinion publique québécoise l’appuie majoritairement.
En même temps, plusieurs voix s’élèvent au Canada anglais contre les politiques linguistiques du Québec pour la protection du français, entre autres, en matière d’affichage public. En réaction, Terre-Neuve, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba retardent l’adoption de l’accord ou décident de l’abandonner. Le 23 juin 1990, le processus de ratification échoue, et l’accord devient caduc1.
En savoir plus : les relations fédérales-provinciales après 1960
Article: Le Devoir, 4 juin 1987
1 Blais, Christian et al. Québec : quatre siècles d’une capitale, Québec, Publications du Québec, 2008, p. 548.
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec, 1534-2000, Sillery, Septentrion, 2001, p. 519.